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Qu'est-ce que le jeûne intermittent ?

Le jeûne intermittent est un mode alimentaire qui alterne des périodes volontaires de jeûne et de non-jeûne selon un rythme défini. Plutôt que de dicter quels aliments consommer, le jeûne intermittent se concentre sur le moment où l'on mange, impliquant généralement des jeûnes quotidiens allant de 12 à 36 heures. Il est devenu l'une des stratégies alimentaires les plus étudiées pour la gestion du poids, la santé métabolique et la longevité.

À retenir

  • Le jeûne intermittent est une stratégie alimentaire basée sur le temps, et non un régime classique qui restreint certains aliments.
  • Les protocoles les plus répandus incluent le 16:8, le 5:2 et le jeûne un jour sur deux, chacun avec des durées de jeûne différentes.
  • Les recherches associent le jeûne intermittent à une meilleure sensibilité à l'insuline, à une perte de graisse, à une réduction de l'inflammation et à la réparation cellulaire.
  • Le jeûne intermittent convient à la plupart des adultes en bonne santé, mais ne s'adresse pas à tout le monde, notamment aux femmes enceintes et aux personnes souffrant de troubles alimentaires.

Comment fonctionne le jeûne intermittent

Le jeûne intermittent agit en prolongeant suffisamment l'intervalle entre les repas pour faire passer le corps d'un état nourri à un état de jeûne. Après avoir mangé, votre corps passe plusieurs heures à digérer et à absorber les nutriments. Pendant cet état nourri, le taux d'insuline est élevé et votre organisme utilise principalement le glucose de votre dernier repas comme carburant. Les processus de stockage de l'énergie sont actifs et la combustion des graisses est largement freinée.

Environ 8 à 12 heures après votre dernier repas, les réserves de glycogène du foie commencent à s'épuiser. À mesure que la disponibilité du glucose diminue, le corps se met à mobiliser les acides gras du tissu adipeux et à les convertir en corps cétoniques pour produire de l'énergie. Ce basculement métabolique du glucose vers l'oxydation des graisses est le mécanisme central de nombreux bienfaits attribués au jeûne intermittent.

En parallèle, le jeûne déclenche plusieurs processus d'entretien cellulaire. Le taux d'insuline chute, rendant la graisse corporelle stockée plus accessible comme source d'énergie. Le taux d'hormone de croissance peut augmenter, ce qui favorise la préservation musculaire et le métabolisme des graisses. Le corps amorce également l'autophagie, un processus de recyclage par lequel les cellules décomposent et éliminent les protéines et organites endommagés. Ce sont ces changements hormonaux et cellulaires combinés qui distinguent le jeûne intermittent d'une simple réduction des calories.

Les protocoles de jeûne intermittent courants

Il existe plusieurs rythmes de jeûne intermittent largement pratiqués, qui varient selon la durée des fenêtres de jeûne et d'alimentation. Le bon protocole dépend de votre mode de vie, de vos objectifs de santé et de votre expérience du jeûne.

  • Méthode 16:8 : le protocole le plus populaire, qui consiste en 16 heures de jeûne suivies d'une fenêtre alimentaire de 8 heures chaque jour. La plupart des gens y parviennent en sautant le petit-déjeuner et en mangeant entre midi et 20 h.
  • Méthode 18:6 : un jeûne quotidien un peu plus strict de 18 heures avec une fenêtre alimentaire de 6 heures, souvent choisi par celles et ceux qui se sont déjà adaptés au rythme 16:8.
  • Régime 5:2 : cinq jours d'alimentation normale combinés à deux jours non consécutifs où l'apport calorique est fortement réduit, généralement 500 à 600 calories les jours de jeûne.
  • Jeûne un jour sur deux (ADF) : alternance entre des jours d'alimentation normale et des jours de jeûne, où l'apport calorique est soit nul, soit très restreint.
  • OMAD (un seul repas par jour) : la consommation de toutes les calories de la journée en un seul repas, ce qui correspond à environ 23 heures de jeûne par jour.
  • Jeûne prolongé : des périodes de jeûne durant de 24 à 72 heures ou plus, généralement pratiquées moins fréquemment et souvent sous suivi médical.

Jeûne intermittent et santé métabolique

L'un des effets les mieux documentés du jeûne intermittent est son impact sur les marqueurs de la santé métabolique. Pendant le jeûne, le taux d'insuline baisse fortement, ce qui améliore avec le temps la sensibilité de l'organisme à l'insuline. Cela est particulièrement pertinent pour les personnes présentant une résistance à l'insuline ou un prédiabète, car une meilleure sensibilité à l'insuline permet aux cellules de capter le glucose plus efficacement.

Le jeûne influence aussi le métabolisme des lipides. Des études ont montré que le jeûne intermittent peut réduire le cholestérol total, le cholestérol LDL et les triglycérides, tout en préservant ou en augmentant légèrement le cholestérol HDL. Ces variations des lipides sanguins contribuent à abaisser le risque cardiovasculaire global.

L'inflammation est un autre domaine où le jeûne intermittent se montre prometteur. Les recherches indiquent que le jeûne réduit les marqueurs circulants de l'inflammation systémique, notamment la protéine C-réactive et plusieurs cytokines pro-inflammatoires. L'inflammation chronique de faible intensité est impliquée dans de nombreuses maladies liées à l'âge, si bien que cet effet anti-inflammatoire pourrait être l'une des façons dont le jeûne intermittent soutient la santé à long terme.

Les bienfaits du jeûne intermittent

  • Perte de poids et de graisse : en limitant la fenêtre alimentaire et en réduisant l'apport calorique global, le jeûne intermittent favorise un déficit calorique. Les changements hormonaux pendant le jeûne renforcent aussi l'oxydation des graisses, ce qui aide le corps à puiser plus facilement dans ses réserves.
  • Meilleure sensibilité à l'insuline : un taux d'insuline à jeun plus bas et une meilleure régulation du glucose réduisent le risque de diabète de type 2 et de syndrome métabolique.
  • Réparation cellulaire et autophagie : le jeûne active l'autophagie, le processus par lequel le corps élimine les cellules endommagées et en régénère de nouvelles, saines. Ce processus est associé à une réduction du risque de maladies neurodégénératives et de cancer.
  • Santé cardiaque : l'amélioration de la tension artérielle, du cholestérol, des triglycérides et des marqueurs inflammatoires contribue à de meilleurs résultats cardiovasculaires.
  • Fonctionnement cérébral : le jeûne augmente la production du facteur neurotrophique dérivé du cerveau (BDNF), une protéine qui soutient la croissance et la survie des neurones, ce qui pourrait améliorer les fonctions cognitives et l'humeur.
  • Une routine simplifiée : moins de repas à planifier, à préparer et à nettoyer peut réduire la fatigue décisionnelle et faire gagner du temps tout au long de la journée.

Risques et précautions

Bien que le jeûne intermittent soit généralement sans danger pour les adultes en bonne santé, il comporte certains risques à prendre en compte. Pendant la période d'adaptation initiale, qui dure généralement une à deux semaines, beaucoup de personnes ressentent de la faim, de l'irritabilité, des difficultés de concentration et une baisse d'énergie. Ces effets secondaires s'atténuent habituellement à mesure que le corps s'habitue au nouveau rythme alimentaire.

Il existe un risque de manger en excès pendant la fenêtre alimentaire, ce qui peut annuler le déficit calorique créé par le jeûne. Certaines personnes compensent le jeûne en consommant de grandes quantités d'aliments très caloriques, et finissent par prendre du poids au lieu d'en perdre. Associer le jeûne intermittent à une alimentation consciente et riche en nutriments est essentiel pour obtenir les résultats souhaités.

Le jeûne intermittent n'est pas recommandé aux femmes enceintes ou allaitantes, aux enfants et adolescents encore en croissance, aux personnes ayant des antécédents de troubles du comportement alimentaire comme l'anorexie ou la boulimie, aux personnes atteintes de diabète de type 1 ou de diabète de type 2 avancé sans surveillance médicale, ni aux personnes en insuffisance pondérale. Si vous prenez des médicaments à consommer avec de la nourriture à des horaires précis, consultez votre médecin avant de modifier votre rythme de repas.

Foire aux questions

Combien de temps faut-il pour que le jeûne intermittent fasse effet ?

La plupart des gens commencent à observer des changements au bout de deux à quatre semaines de jeûne intermittent régulier. La perte de poids initiale lors de la première semaine correspond souvent à de l'eau, le corps épuisant ses réserves de glycogène. Une perte de graisse significative et des améliorations métaboliques deviennent généralement mesurables après quatre à huit semaines, selon le protocole de jeûne suivi, la qualité globale de l'alimentation et les facteurs métaboliques individuels. La régularité dans le rythme choisi est le facteur le plus important pour obtenir des résultats.

Peut-on boire de l'eau ou du café pendant le jeûne intermittent ?

Oui. L'eau, le café noir sans sucre et le thé non sucré sont généralement considérés comme acceptables pendant un jeûne, car ils contiennent zéro calorie ou une quantité négligeable et ne déclenchent pas de réponse insulinique notable. Bien s'hydrater pendant le jeûne est important, car le corps perd de l'eau par ses processus métaboliques normaux. Ajouter du sucre, de la crème, du lait ou des édulcorants artificiels à vos boissons peut rompre votre jeûne en stimulant la sécrétion d'insuline ou l'activité digestive, il vaut donc mieux éviter ces ajouts pendant la fenêtre de jeûne.

Le jeûne intermittent est-il sans danger pour tout le monde ?

Le jeûne intermittent est sans danger pour la plupart des adultes en bonne santé lorsqu'il est pratiqué de manière responsable, mais il ne convient pas à tout le monde. Il n'est pas recommandé aux femmes enceintes ou allaitantes, aux enfants et adolescents, aux personnes ayant des antécédents de troubles du comportement alimentaire, ni aux personnes atteintes de diabète de type 1 sans suivi médical. Toute personne prenant des médicaments sur ordonnance, en particulier ceux à prendre avec de la nourriture ou qui agissent sur la glycémie, devrait consulter un professionnel de santé avant de commencer un protocole de jeûne. Les personnes âgées et celles souffrant de maladies chroniques devraient également demander un avis médical au préalable.

Avertissement médical : cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis médical. Consultez toujours un professionnel de santé qualifié avant de commencer tout protocole de jeûne.

Source : de Cabo, R., & Mattson, M. P. (2019). Effects of Intermittent Fasting on Health, Aging, and Disease. New England Journal of Medicine, 381(26), 2541-2551. Voir l'étude

Termes de glossaire associés

Fenêtre alimentaire → Jeûne 16:8 → OMAD →

Pour aller plus loin

Les types de jeûne intermittent → Le jeûne intermittent chez la femme →